Après la claque monstre du référendum sur la Constitution européenne de la France d’en bas à celle d’en haut à la quelle nous avons brillamment participé, les mondialiste n’ont pas perdu espoir de l’emporté en deuxième mi-temps avec l’entrée de la Turquie dans la Communauté, aidée en cela par le ralliement des forces du Nouveau Pacte Tripartite (Staliniens-Catholiques-Islamistes) et l’appoint pour le moins incongru du trotskyste bourgeois Besancenot.
Il n’est donc pas inutile de se tourner vers ce pays à l’Histoire tourmentée et passionnante et de mettre une fois de plus notre grain de sel dans le débat.
Tout d’abord, nous allons rappeler, en bref résumé, les étapes importantes et indispensables à connaître du grand homme d’état que fut Mustafa Kemal si l’on veut comprendre quelque chose à la question turque.
| Au début du siècle dernier, jeune et prometteur officier supérieur de l’armée du
Sultan, Mustafa Kemal conscient de la décadence de l’Empire Ottoman des Osmanlis
et impressionné par la rapidité, l’efficacité et l’ampleur du progrès de
l’Occident, adhère au Mouvement des Jeunes Turcs, d’inspiration maçonnique
anglaise et au Comité Union et Progrès. Ce dernier prend le pouvoir en 1908.
C’est le triumvirat maçonnique Enver Pacha, Taalat Pacha, Djemal Pacha qui
l’incarne. Kemal Pacha qui n’est pas franc-maçon est mis à l’écart en Province. Survient la 1ère Guerre Mondiale où l’Empire s’allie à l’Allemagne. C’est en 1915, que Kemal remporte une grande victoire aux Dardanelles. Les alliés, voulant sortir du bourbier, débarquent plus au nord de la sanglante péninsule dans le désir de prendre à revers les troupes turques. Mauvais choix : ce secteur est tenu par Kemal et ses troupes. Cela permit aussi à Kemal d’être « ailleurs » lors du génocide arménien qu’il condamne. En 1919, le Sultan envoie Kemal devenu gênant, car auréolé d’être le seul général invaincu des Empires Centraux, en Anatolie orientale démobiliser les troupes en vertu des accords d’Armistice au moment où se signe l’humiliant Traité de Sèvres. Loin de démobiliser les troupes, il se les approprient, conquiert la région en s’appuyant sur les Arméniens et les Kurdes, puis se retourne vers l’Anatolie centrale et s’empare d’Angora (la future Ankara). Astucieusement, il évite de marcher sur Constantinople où se trouvent les alliés et fonce vers Smyrne pour écraser le faible corps expéditionnaire grec à qui le Traité de Sèvres vient de donner la région. Devant l’ampleur de la victoire : - Italiens et français renoncent à s’emparer de l’Anatolie du sud. - Arrivé triomphale de Kemal, sans combattre, à Constantinople et départ des alliés qui lui abandonne même les navires allemands qui s’y trouve dont le puissant croiseur de bataille Goeben qui joua un rôle si important en 1914. (tel ne fut pas le cas de la flotte russe de la Mer Noire, internée à Bizerte) - Abolition du Sultanat et proclamation de la République. Ce faisant, Kemal agit encore subtilement car l’Osmanlis, s’il perd son pouvoir temporel, reste en place en temps que Calife et Commandeur des croyants. Kemal s’inspire ainsi de la jeune République italienne qui avait fait de même avec le Pape à Rome en 1870. Cela lui permet de renégocier le Traité de Sèvres et de lui substituer celui de Lausanne en 1923. Cela fait, il supprime le Califat en 1924 et écrase à la fois l’opposition religieuse et républicaine par la force. L’Islam se retrouve sans chef et la démocratie à peine née est supprimée. En 1925, manipulé par les anglais qui lorgnent sur les pétroles de Kirkuk et Mossoul (régions que l’actualité récente à remis à la 1ère place avec la 3ème guerre du Golfe) et les soviétiques qui font leur arrivée dans la région, les kurdes se révoltent. Kemal écrasent ces alliés qui avaient joués un rôle si important dans sa prise du pouvoir, supprime toutes idée d’état Kurde et en profite pour faire de même avec les arméniens dont, maintenant il nie la réalité du génocide (position inchangée en Turquie jusqu’à nos jours). Expulsion de tous les chrétiens (grecs comme arméniens) et retour des turcs des balkans. Kirkuk et Mossoul sont discrètement incluses dans le mandat anglais d’Irak (il est curieux de savoir que ces mêmes villes pétrolières avaient été promises... aux français par les accords Sykes-Picot de 1916). L’Arménie est partagée entre Turquie et URSS. En échange, avec l’accord de Staline, Kemal liquide les communistes turcs. 1926 : à l’intérieur, profitant d’un faux attentat contre sa personne, Kemal élimine brutalement ses anciens partenaires d’Union et Progrès, interdit les syndicats et les derviches. Son pouvoir atteint son apogée et il prononce un discours fleuve de… 36 heures, un record, où il réécrit l’Histoire récente de son pays en la confondant avec la sienne propre. Un code civil est adopté sur le modèle suisse, un code pénal sur le modèle italien, et la séparation des pouvoirs religieux et civils sur le modèle français. Également sur le modèle français et pour les mêmes raisons, création de l’Enseignement public. Suppression des tribunaux religieux. Interdiction du fez et adoption du costume-cravate. Cela est imposé par la force là aussi, 100 exécutions et un nombre indéterminé d’emprisonnement. Adoption du calendrier occidental (grégorien donc) malgré les protestations. 1926 : année charnière. L’égalité homme-femme est proclamée. 1927 : pause. (ouf !) 1928 : et c’est reparti ! L’Islam n’est plus religion d’Etat. Adoption de l’alphabet latin à la place de l’écriture arabe pour écrire la langue turque. De même, à la mosquée, la prière doit désormais se dire en turc et plus en arabe. 1929 : crise économique. 1930 : Création d’une Banque Centrale pour faire face à la crise et adoption d’une économie dirigiste d’inspiration soviétique. Pour faire balance, création d’un pseudo parti d’opposition destiné à donner l’illusion d’un rétablissement de la démocratie, ce qui sera un échec. 1932 : entrée à la SDN. 1933 : rapprochement aussi bien avec l’URSS qu’avec l’Italie et l’Allemagne. Création de « mouvements de masses », enrôlement de la jeunesse, vision raciale de l’Histoire (discours sur le « surhomme turc », réécriture de l’Histoire de l’Anatolie qui aurait toujours été turque et affirmation d’une origine turque de... l’Humanité [pas moins]) de type nazi. 1934 : droit de vote aux femmes (12 ans avant la France). Création de l’Etat-Civil. Kemal prend le surnom d’Atatürk (Père des turcs) 1935 : instauration du Dimanche, jour férié. 1937 : les termes de laïcisme et de laïcité apparaissent dans la Constitution. Rapprochement avec les USA et début d’une politique qui demeurera une constante du régime jusqu’à aujourd’hui. 10 novembre 1938 à 9 heures 05 : mort d’Atatürk. 1951 : loi punissant de prison toute personne qui critiquerait Kemal et (ou) le kémalisme (toujours en vigueur) prise à l’initiative de l’armée. |
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Depuis la mort du grand homme, le pays semble s’être figé dans un immobilisme
renforcé par la loi de 51 et suscite bien des interrogations.
Tout d’abord, il faut savoir que si les mondialistes vantent le leader laïc,
c’est au moment même où ces mêmes mondialistes sont en train de détruire la
laïcité en France.
Ensuite, si le grand leader s’inspira de la France pour cela et pour l’Education,
c’est que cela lui permettait d’éliminer l’opposition religieuse. Pour d’autre
choses, il alla s’inspirer en URSS pour l’économie (toujours parce que cela
renforçais son pouvoir) et en Italie et Allemagne (organisation de Jeunesse,
Idéologie, réécriture-falsification de l’Histoire) toujours pour les mêmes
raisons, tout en ayant une politique étrangère subtile et neutre (pas
d’alliances contraignantes comme les USA). Cette confluence d’influences
rappelle le Japon de l’ère Meiji à la grande différence que le Japon gardera ses
traditions alors que Kemal voulu en faire table rase.
Car le grand leader est un dictateur et le régime actuel turc est plus marqué
par la corruption inhérente à ce type de régime qu’à une démocratie digne de ce
nom.
Ce qui différencie la « révolution » kémaliste de ses contemporaines russe,
italienne et allemande, c’est que contrairement à ses soeurs, elle n’est pas un
mouvement venu de la base, de la masse. La révolution kémaliste a été imposé par
en haut, de façon rapide (trop), extrêmement brutale et traumatisante pour le
peuple et l’armée en constitue aujourd’hui encore sa seule garante. La Turquie
d’aujourd’hui rappelle l’URSS de Brejnev, figée dans un modèle passé, en survie
par perfusion financière et en matériels militaires américains, dont le modèle
laïc tant vanté n’est qu’un vernis de plus en plus cloqué. La pression
démographique, la « croissance régressive » qui en est la conséquence (Istanbul
double de superficie tous les 20 ans et le processus s’accélère d’une manière
exponentielle et incontrôlable), la montée de la misère et de l’islamiste
intégriste qui en est la conséquence, fait de la Turquie une marmite sous
pression dont la question n’est pas de savoir si elle va exploser, mais quand.
L’idéologie des années 30 fait de la Turquie le seul pays au monde a ne pas
avoir été dénazifié et l’ultra-nationalisme et le racisme, de l’armée notamment,
sont toujours une donnée importante de la vie politique turque totalement
ignorée par les « gens autorisés » (comme disait Coluche) en Occident. Le «
crime d’honneur » par exemple, qui consiste pour un turc à tuer sa soeur si elle
couche avec un non-turc, n’est pas que le fait des intégristes ? On le trouve
aussi dans les milieux laïcs, soit disant religieux modérés, mais
ultra-nationalistes et racistes.
Sur ce plan, il convient de rappeler que l’Empire Ottoman était bien plus
européens que la république turque actuelle. L’Empire étant un état multiracial,
la capitale était Constantinople en Europe, ville cosmopolite. La république est
un état monoéthnique dont la capitale asiatique est 100 % turque.
Rappelons que la Russie est chrétienne, européenne et indo-européenne est qu’il
n’est pas question qu’elle rentre dans la Communauté. La Turquie n’est rien de
ces 3 choses. Le morceau de Turquie qui se trouve en Europe est même un double
accident de l’Histoire. En 1913, à l’issue de la 1ère guerre balkanique, il
aurait du être bulgare. La Bulgarie, écrasée dans la 2ème guerre balkanique par
grecs et serbes, fut attaquée dans le dos par la Roumanie... et par la Turquie qui
récupéra Andrinople. En 1920, le Traité de Sèvres le donna aux grecs. En 1922,
avant l’expulsion des chrétiens, les turcs n’y sont qu’une minorité. Ce
territoire n’est turc aujourd’hui que grâce à la politique de purification
ethnique de Kemal et c’est franchement ignoble de voir se servir de ce lambeau
de territoire appelé Thrace orientale pour justifier l’entrée de la Turquie dans
l’Europe. Passe encore pour le concours de l’Eurovision ou les coupes d’Europe
de football ou de hand-ball... quoique.
C’est là qu’intervient « super faux-cul » Chirac qui nous dit que si la Turquie
ne rentre pas dans l’Europe, elle va inévitablement sombrer dans l’intégrisme.
Alors que si elle devient intégriste après son entrée dans l’Europe, il sera
impossible de l’en faire sortir.
Si l’on se place, point important et fondamental pour nous, sur un plan «
reichien », l’égalité homme-femme n’est qu’une façade, la liberté sexuelle des
femmes n’existe pas dans ce peuple profondément endogame et patriarcal. De même,
le taux de fécondité, voisin ou inférieur à 2 en Europe est de l’ordre de 6 ou
plus en Turquie. Comme la croissance n’atteindra jamais 7 %, la misère ne fera
qu’augmenter. On a déjà assez de problème en matière de planning familial avec
l’Irlande et la Pologne sans se rajouter la Turquie sur les bras. L’entrée dans
l’Europe ne changera rien au sort des femmes turques, par contre ce sera une
catastrophe pour les femmes européennes déjà confrontées au voile et aux
pratiques musulmanes dans les citées même lorsqu’elle ne sont pas musulmanes.
(des maghrébines non-pratiquantes se font régulièrement agresser dans nos cités
si elles sont surprises en train de manger un sandwich dans la rue le jour, lors
du ramadan)
Là aussi, l’Empire Ottoman était plus européen que l’actuelle république.
Constantinople était connue comme l’un des plus vaste lupanar d’Europe et
faisait le délice des voyageurs du Bagdad bahn et de l’Orient-express échappant
à l’Europe victorienne sexuelle répressive. La ville servira longtemps aussi de
lieu de rencontres et de luttes aux espions de l’Axe et des Alliés puis de l’Est
et de l’Ouest sur fond de lupanars. C’est bien pour cela que Kemal transférera
la capitale à Ankara en même temps qu’il adoptera le costard-cravate sexuel
répressif victorien. La république kémaliste et post-kémaliste n’est pas «
reichienne ». Sur ce plan, des pays comme ceux du Maghreb, l’Egypte et même le
Liban et Israël sont bien plus proche de nos valeurs ; et, comme pour la Russie,
il n’est pas question non plus de les voir rentrer dans L’Europe.
Que la Turquie soit laïque, c’est bien ; mais c’est aussi le cas de l’Egypte, de
la Tunisie, de l’Algérie. Hors nous avons vu que cela n’est qu’une peau de
léopard mitée dont la fiction ne durera que tant que les militaires
maintiendront le couvercle de force sur la marmite.
La solution n’est donc pas dans l’entrée dans l’Europe aussi bien pour nous que
pour eux.
Du reste, l’Ouest n’est pas la priorité du pouvoir turc. C’est plutôt l’Est. Et
les droits récents accordés aux kurdes ne sont pas sans arrières pensées
lorsqu’on les met en coïncidences avec l’autonomie de Kirkuk et Mossoul depuis
l’occupation américaine de l’Iraq. La reconquête de ces provinces d’Empire, et
surtout ses pétroles n’est pas qu’un rêve. De même, l’union avec les frères
turcophones d’Azerbaïdjan n’est empêchée que par cette damnée Arménie soutenue
par la Russie. Là aussi, les riches pétroles de Bakou font fantasmer.
Enfin l’alliance avec les USA et Israël reste un pilier de la politique turque
face notamment à la revendication syrienne sur Iskenderun et Antakya
(Alexandrette et Antioche). [En 1939, la France titulaire du mandat sur la Syrie
avait cédé ces 2 villes à la Turquie pour empêcher de se reproduire le cas de
1914 où la Turquie était entrée en guerre aux côtés des allemands]
L’entrée de la Turquie dans l’Europe intéresse aussi les USA et surtout Israël
(ce dernier état étant également candidat). Pour ces pays (et leurs produits
surtout), la Turquie est l’antichambre de l’Europe.
L’entrée de la Turquie dans l’Europe amènerait Israël et aussi le futur état
palestinien à renouveler cette candidature puisque l’Europe accueille des
états... non-européens. Cela ferait du conflit israélo-palestinien un conflit intérieur à
l’Europe.
L’entrée de la Turquie dans l’Europe mettrait la guerre d’Iraq à sa frontière,
mais aussi l’Iran, le Caucase et sa turbulente Tchétchénie.
L’entrée de la Turquie dans l’Europe amènerait non seulement un état non
majoritairement chrétien dans cette Europe, mais aussi un état raciste encore
teinté d’une idéologie sœur du nazisme autant que d’un état où les islamistes
sont déjà au pouvoir et ne sont « modérés » qu’en attendant d’être dans cette
Europe.
L’entrée de la Turquie dans l’Europe amènerait une cascade de délocalisations
d’usines dans ce pays et aggraverait le chômage dans les nôtres. Ce serait aussi
une invasion d’immigrés clandestins qui rentrerait en Turquie, et donc en
Europe, ô combien plus facilement qu’à Ceuta et Melilla.
L’entrée de la Turquie dans l’Europe serait une catastrophe pour les femmes, le
féminisme ; la liberté de la femme et de la sexualité déjà violemment remise en
cause par l’Islam pourtant encore minoritaire en Europe.
En conclusion, lorsque les femmes turques pourront librement faire l’amour avec des non-turcs et que le taux de fécondité de la Turquie sera voisin de 2 (de préférence en dessous), la Turquie aura, selon nos critères « reichiens » acquis le droit de rentrer dans la Communauté Européenne, car cela voudra dire qu’elle aura adoptée nos valeurs européennes.
Pour cette raison, et dans l’état actuel des choses, nous appellerons à voter NON si il y a un référendum sur cette question.