1967. Les USA sont durement engagés dans la guerre du Viêt-Nam. La tactique « Search & Destroy » (recherche et destruction [ça ne s’invente pas !]) est employée. Les opérations se succèdent : « Cedar Falls », « Junction City », etc... L’objectif, le « triangle de fer », est une zone de
hauts plateaux située au nord-est de Saïgon. Une des pointes du triangle est braquée vers la capitale du régime fantoche.
L’US Army a pourtant mis le paquet : une unité blindée joue le rôle d’épouvantail et rabat les
Vietcong vers des troupes positionnées à l’avance. Les trous sont bouchés par des troupes amenées en hélicoptère (c’est la grande innovation de cette guerre qui permet de réaliser un encerclement plus rapidement encore qu’avec la Blitzkrieg), le secret est bien gardé, les sud-vietnamiens n’ont même pas été mis au courant. Et pourtant le filet se referme sur... le vide.
Aujourd’hui, historiens des 2 camps, réconciliés, se sont mis d’accord pour expliquer cette extraordinaire « évaporation » du Viêt-Cong... par les tunnels.
Il est un fait qu’ils ont jouer un certain rôle, mais les américains connaissaient parfaitement leur existence et en ont découvert et détruit un grand nombre. Les tunnels n’expliquent pas tout, loin s’en faut.
La vérité, aujourd’hui encore minorée par capitalistes et staliniens se situe ailleurs.
C’est tout simplement le manque d’effectifs qui permit à la Résistance de passer entre les mailles du filet et de gagner le Cambodge neutre. La preuve, c’est du Cambodge que 6 mois plus tard, viendra la célèbre offensive du Têt, attaquant Saïgon après avoir réoccupé le Triangle. Une preuve de plus, 3 ans plus tard, Nixon envahira le malheureux pays neutre.
En général l’US Army ne pouvait guère opposé plus d’une compagnie (300 h.) par bataillon viet. (1.000h)
La vérité est donc bien ailleurs. C’est aux USA eux-mêmes que nous allons la trouver. Les filles des communautés hippies vont lancer durant l’été 1967 une campagne restée célèbre, « l’été de l’amour ». Pendant tout l’été, elles vont faire le voeu de ne jamais dire « non »... sauf aux militaires, avec ces slogans tout aussi célèbres : « Make Love, Not War » (Fait l’Amour, pas la Guerre) et « Peace and Love » (Paix et Amour).
Résultat évident, inévitable ; les désertions, les refus d’incorporation, etc... se multiplient. Les chiffres sont restés « Secret défense » jusqu’à récemment. Aujourd’hui déclassifiés, nous apprenons qu’ils furent 500.000 ; un
demi million. Quelques % gagnèrent le Canada, la Mexique où l’Europe. Mais la plupart trouvèrent refuge dans les communautés hippies.
C’est ainsi que fut découvert le « Power of Love » où le sexe a vaincu le fusil, où la douce femme s’est révélée plus forte que la brute masculine, etc...
Quelques 2 décennies plus tard, le Power of Love remporta une nouvelle victoire. C’est indéniablement la pratique de la sexualité
interraciale qui mit un terme à l’apartheid et provoqua la libération de Nelson Mandela.
Au même moment l’URSS s’effondrait. Après la période stalino-bréjnévienne de répression sexuelle, nous avons tout lieu de croire que le Power of Love a, là aussi, frappé... et chez les staliniens cette fois. Prague 1968 avait déjà montré une voie moins sanglante et plus efficace que Budapest 1956.
A méditer à notre époque d’instrumentalisation du viol, de la purification ethnique, du retour du machisme, du rétablissement du statut inférieur de la femme (port du voile, mariage forcé, femmes battues, mais aussi écart grandissant dans les salaires, discrimination dans les embauches et les promotions, etc...), mais aussi création d’une femme abstraite, épilée, uniforme, éthérée, aseptisée,
domestiquée, dressée, etc... par la publicité et la mode.
A méditer à une époque où nos jeunes préfèrent rester entre hommes dans les halls d'immeubles et brûler des voitures au lieu du "Faites l'Amour pas la guerre".
C’est là que l’on trouve les militaires d’aujourd’hui.
C’est là aussi que nous devrons à nouveau affronter capitalistes et staliniens alliés aux forces de l’opium du peuple de cette
« peste émotionnelle » dont nous parle Wilhelm Reich.