Enfin un parti pour les nomades

La forme associative, qui actuellement, est le seul canal légal dont se servent les nomades pour se faire entendre, permet d’obtenir un certain nombre de choses, mais au final, cela reste plutôt limité à l’obtention (en nombre insuffisant qui plus est !) de places de parking aménagées.
En fait, il faut bien comprendre que seule l’action politique peut permettre d’obtenir ce qui doit demeurer le but logique et final qu’est l’égalité de traitement nomade-sédentaire.
A cette fin, force est de constater que les partis politiques existants se font tous une spécialité de botter en touche, de ne voir qu’une partie des revendications limitées des associations, et de penser assimilation-sédentarisation au lieu de faire intégration-respect et aménagement du nomadisme.

C’est la raison pour laquelle, seul un parti nouveau (encore en formation), comme MP1PM peut constituer la solution.
En outre, il est important de savoir que nous avons déjà nombre de points communs, notamment l’opposition à l’ESB (Épilation Sous les Bras) : les femmes roms sont aujourd’hui les seules, dans la société actuelle, à avoir encore majoritairement des aisselles poilues et à refuser le marchandising du corps de la femme imposé par le capitalisme, la mode et la publicité.

Nos revendications, dans un premier temps, sont les suivantes :

1. Une communauté de nomades doit avoir le même statut qu’une communauté de sédentaires et pouvoir s’ériger en municipalité, élire un Maire, avoir ses rôles électoraux et ses urnes (au lieu de devoir s’inscrire dans une commune sédentaire.)
2. Conséquence de cela, elle doit aussi avoir ses services publics (poste, école, impôts, etc...) fournis par l’État, sa police municipale et autres services municipaux.
3. Comme aux USA, où cela est très courant, l’habitat en mobil-home, et surtout son déplacement, sujet à de nombreuses contraintes en France (convois exceptionnels, autorisations préfectorales), doit être favorisé.
4. Bien évidemment, en échange, les structures patriarcales autoritaires existantes encore doivent être abandonnées. On ne saurait revendiquer l’égalité nomade-sédentaire sans appliquer soi-même l’égalité homme-femme.

Liste non exhaustive.

Il n’y a aucune raison pour que 36 maisons et 50 personnes dans l’Ardèche bénéficient du statut de Commune et que 400 caravanes et 2.000 personnes en soit exclues.

Rappelons à cet égard que les municipalités, à terme, disparaîtront, de même que les départements, régions, etc... pour être remplacés par le «pays» et la «province» de façon à réduire les «strates» administratives inutiles et parasites et réduire aussi et surtout les impôts.
Pour ce qui est des nomades, les nouvelles Communes (qui pourront en outre adopter un nom comme les Communes sédentaires), devront se fédérer à plusieurs pour correspondre à l’échelon «pays».

Nomades ou sédentaires ?

La question de l’égalité nomade-sédentaire est une excellente occasion de réfléchir sur un certain nombre de choses :

- La plupart des sédentaires sont nomades 1 à 2 douzièmes de l’année.
- Un certain nombre d’entre-eux possèdent aussi caravanes, camping-car, tentes et même mobil-home.
- En fait, seul l’agriculteur, rivé à sa terre par définition, est un sédentaire vrai et permanent. (Et encore ! Lui aussi prend des vacances parfois.) L’élevage est souvent semi-nomade.
- Les services, notamment les transports, ou encore dans le privé, les VRP, montrent qu’un travail accompli par des «sédentaires» est souvent «nomade».
- Même les délocalisations d’usines montrent que les murs et l’outillage peuvent aussi migrer.
A cet égard, si l’en était de même pour les travailleurs, les patrons ne trouveraient aucun intérêt à délocaliser puisqu’ils retrouveraient ailleurs les mêmes travailleurs avec les mêmes salaires. Cela leur coûterait même, car un déménagement coûte et cela serait sans presque aucunes compensations.
Cette option pourrait être une voie de réflexion pour syndicats et partis et permettrait de prendre les patrons à leur propre jeu.
Le vrai anti-bougisme est plutôt de lier, de river le travailleur à son travail, plutôt qu’à un lieu géographique déterminé.

Les considérations familiales avancées en faveur du «fixisme» géographique relèvent bien souvent de réactions patriarcales et il est bien dommage de voir partis et syndicats de Gauche, soi-disant progressistes, tomber ainsi dans ce piège grossier d’une bourgeoisie elle-même (comme sa fortune) nomade et vagabonde, bref mondialiste. 
La véritable raison pour laquelle la bourgeoisie n’aime pas les nomades (sauf pour elle-même) est la même raison pour laquelle Staline ne les aimait pas non plus (il établira même le passeport intérieur, comme l’Afrique du Sud de l’apartheid le fera pour les noirs.)
Des travailleurs sédentaires sont plus facilement contrôlable par le Parti (et par la Police). (A contrario, Trotsky préférait un prolétariat nomade de façon à ce que la "bonne parole" se répande plus facilement.)
Il faut donc, une fois de plus, se méfier autant, et même plus, des réactionnaires de Gauche comme de ceux de Droite.

- Certains objecteront que les Communes «nomades» ne sont pas réalistes car leur population est variable, fractionnable à l’infini.
Nous répondrons qu’il en est de même pour les Communes sédentaires d'où l’on déménage, ou emménage tout autant.
Comme chez les sédentaires, il y a chez les nomades des cellules familiales qui constitue le noyau dur de la Commune.
Le caractère nomade et la plus grande liberté qu’elle permet devraient justement permettre d’en finir plus facilement avec le patriarcat autoritaire que chez les sédentaires. C’est d’ailleurs à cause de cette liberté plus grande qu’au cours de l’Histoire s’est façonné un patriarcat puissant pour y faire obstacle et contrepoids.
Ce sera certainement la principale raison pour laquelle certaines communautés refuserons notre alliance (ou plutôt leur classe dirigeante, de peur de perdre leurs petits privilèges patriarcaux de préférence aux avantages ô combien plus grands pour la totalité de la communauté que nous proposons), mais il suffira que quelques-unes adoptent nos idées pour que les autres suivent.
L’autre raison pourrait être la religion, mais les pasteurs s’occupent de ce qui se passe après la mort alors que nous ne nous préoccupons uniquement de ce qui se passe auparavant. Nous ne sommes donc, théoriquement, pas en concurrence.

- Pour finir, sur le plan écologique, la mode récente du petit pavillon individuel défigure littéralement le paysage (mitage), étends démesurément banlieues, zones résidentielles et estivales, gêne et dévie la micro-hydrographie et le drainage des sols et pollue. Elle perturbe aussi, modifie ou extermine la flore et la faune locale alors que c’est bien moins le cas des installations pour nomades, a fortiori lorsqu’elles sont inoccupées.

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Mouvement Pour un Parti Matriarcal (MP1PM) - mp1pm.ouvaton.org - Dernière mise à jour le 18 juil. 2007