Pourquoi l'idée d'un Parti Matriarcal ?

Nous nous basons sur les travaux de Wilhelm Reich ( 1897-1957 ) et Herbert Marcuse ( 1898-1979 ) notamment, qui ont démontré que :

1°) La sexualité ne relève pas seulement du domaine de la vie privée. C'est une fonction sociale. C'est même la fonction sociale la plus importante (à ne pas confondre avec la fonction de reproduction : 1 outil, 2 usages)

2°) Que le capitalisme et l'exploitation des masses reposent sur la répression sexuelle

3°) Que la famille patriarcale autoritaire est le meilleur système de répression sexuelle

4°) Que cette famille patriarcale autoritaire n'a pas toujours existée dans l'Histoire, qu'elle est même récente d'invention (3.000 av.-JC environ) et qu'elle n'a cessé de se renforcer jusqu'à l'époque actuelle, aidée en cela par les différents "opiums du peuple".

Voir notre analyse des transitions du paléolithique à l'antiquité : le paradis terrestre a bien existé au néolithique !

- Le fétichisme vestimentaire à caractère sexuel-répressif comme le voile en est le parfait exemple, s'il est choquant par son impact paroxysmique, c n'est que l'arbre qui cache la forêt. L'ensemble de la classe exploitée est frappée à un niveau plus ou moindre
- La femme (qui seule possède un organe exclusivement réservé au plaisir : le clitoris (lien vers le site de l'En dehors). Le pénis de l'homme lui sert aussi à autre chose : uriner) n'est pas la seule victime de la politique de répression sexuelle, bien qu'elle soit, et de loin, la plus touchée. L'homme n'est manifestement pas beaucoup plus heureux dans la famille patriarcale autoritaire. Pour preuve, les comportements d'hystéries sexuelles à caractères criminels (viols, violences conjugales et à l'égard des enfants) ou pathologiques (fréquentation de prostituées) sont l'expression d'une sexualité perturbée, réprimée, refoulée, déviée, sadique...
- Cette agressivité du refoulé, utilisée par le capitalisme dans la production, le travail répétitif et abrutissant, l'objectif de rentabilité, la concurrence, l'obéissance hiérarchique de type patriarcal autoritaire et militaire, le sadisme des chefs, le caractère pervers de l'élévation sociale bourgeoise ("fayottage, lèche et balance", plutôt que qualité et démocratie du travail), démontre le lien qu'il y a entre le point 2 et le point 3.
- C'est pourquoi les milieux immigrés et ruraux sont ceux qui sont les plus frappés. Des cellules familiales réduites et isolées favorisent l'autoritarisme patriarcal, le repli communautaire, le fétichisme, l'hystérie sexuelle et la violence, l'" opium du peuple" exacerbé.


Photographié au Burkina. Humour involontaire ?

5°) Le capitalisme, outre son côté uniformisateur (costard-cravate pour les hommes, épilation sous les bras pour les femmes [les femmes, là aussi, sont les plus victimes car si l'on peut retirer l'uniforme à la sortie du boulot, difficile de remettre les poils]), nous mène droit au mur. Condamné pour exister, à la croissance perpétuelle, au progrès continu, à la pollution, au gâchis, à l'effet de serre et à la disparition de la couche d'ozone, à la réduction drastique de la bio-diversité, à la surproduction de biens (et paradoxalement, mais logiquement, à l'entretien du manque chez le plus grand nombre [conséquence : la délinquance et le crime, mais contrairement aux discours des ministres de l'intérieur successifs, qui ne diminuera pas car l'insécurité est devenue un marché de la sécurité en pleine croissance ]). Le "développement durable" promu par le gouvernement néo-libéral n'est pas une réponse (cela veut dire aller contre le mur plus lentement mais aller contre le mur quand même.)
L'alter-mondialisme, outre son caractère limité faute de prendre en compte le support principal sexuel-repressif du Système, est, alors qu'il n'en est qu'à ses débuts, déjà récupéré, et plus rapidement encore que ce ne le fut pour le mouvement soixante-huitard, par la bourgeoisie. La "bonne bouffe" de José Bové, n'est-elle pas la bonne bouffe des riches ? 

6°) la famille matriarcale communautaire ne supprime pas la monogamie. Cette possibilité est tout autant possible que d'autres. Seul le caractère permanent, perpétuel et exclusif dans son aspect obligatoire est supprimé. La fidélité est un choix, une liberté et pas une obligation. C'est la jalousie, sentiment de propriété, de possessivité (frustration) petit-bourgeois et en aucun cas preuve d'amour qui doit être interdite.
Si le Système est contre, c'est parce que cela rend difficile le contrôle des masses (et son racket) à travers la notion de "foyer fiscal". Il est totalement inadmissible que l'on nous impose un mode de vie donné et obligatoire (mariage, PACS...) pour des raisons fiscales (ou religieuses ou autres). Nous ne sommes pas des souris blanches de laboratoire.

Pour en savoir plus sur la réponse matriarcale (où contrairement à une idée reçue, les hommes ont de nombreux rôles à jouer), écrivez-nous et lisez les auteurs sus-mentionnés.

Remarques concernant l'usage et la signification du mot "matriarcat"

On nous a fait la remarque suivante : "Dans matriarcat comme dans patriarcat, on trouve la racine "arche" que l'on retrouve aussi dans hiérarchie. Matriarcat veut donc dire, étymologiquement, domination des femmes comme patriarcat veut dire domination des hommes."
Il faut savoir que le mot de matriarcat a été inventé par opposition à celui de patriarcat dans une langue ou il n'existe que masculin et féminin et pratiquement pas de neutre.
Nous avons donc utilisé (tout comme les historiens du reste) celui de matriarcat, comme il a été inventé, c'est à dire par défaut. C'est la raison pour laquelle nous employons, à dessein, cette expression à caractère pléonastique de patriarcat autoritaire, et que nous lui opposons la notion de matriarcat communautaire.

En outre, des dernières grandes sociétés matriarcales d'origine néolithique qui se sont maintenues dans l'Antiquité et sont ainsi les plus connues, bien qu'encore insuffisamment (Etrusques, Crête minoenne) à celle de l'île Pitcairn (les descendants des mutinés du Bounty), le matriarcat n'a jamais été autoritaire et on peut difficilement concevoir qu'il puisse l'être.
On sait aussi que les sociétés celtes, germaniques et vikings, bien que patriarcales n'étaient pas autoritaires contrairement à Rome et à la Grèce.
La femme gauloise était bien plus émancipée que la femme romaine, notamment celle de la classe romaine patricienne (et c'est d'ailleurs du Patriciat que viens le mot patriarcat.)
Si le moyen-age s'inspirait surtout des sociétés celto-germaniques dont il est issu, l'ordre bourgeois s'inspire surtout de Rome et de la Grèce. C'est une des raisons du caractère patriarcal autoritaire de la bourgeoisie aujourd'hui dominante.
Si l'on rajoute à cela les religions patriarcales autoritaires d'origines mosaïques, elles-même d'origine (comme l'épilation) égyptienne pharaonique, on comprend l'ampleur inégalée dans l'histoire, de la sexuelle-répression actuelle. Mai 68 n'apparaît aujourd'hui, avec le recul, qu'un bref soubresaut, une ultime résistance et non pas comme le commencement d'une ère nouvelle ou le début du "grand soir".
Soulignons la claire vision de Sigmund Freud qui a parfaitement vu l'opposition Eros-Thanatos, et il faut bien reconnaître que l'on ne connaît pas de civilisation qui ait poussé aussi loin le mythe de Thanatos, forcément au détriment d'Eros, que l'Egypte ancienne.

En tout cas, si vous trouvez un terme plus adapté que matriarcat pour définir une société vraiment égalitaire sexuellement (passée ou future), ou en inventez un par néologisme, nous somme preneurs.
Nous tenons compte de vos opinions et remarques car c'est avec vous que MP1PM se transformera en un Parti Matriarcal (ou un autre mot à trouver).
Mais l'idéal est encore de nous rejoindre et d'adhérer au Mouvement.

Dans nos recherches, nous avons trouvé aussi le terme "matrilinéaire", soit transmission du nom (mais aussi de la religion et parfois aussi par interprétation abusive, de la race) par la femme. C'est ce que l'on trouve chez les juifs, et dans une moindre mesure chez les musulmans.
L'expérience nous montre, que loin d'être une émancipation, cette mission donnée aux femmes implique une soumission et une régression. Cela implique aussi dans certains courants orthodoxes et intégristes, le racisme.

Autre terme que nous avons rencontré : le "matrifocalisme". Il s'applique surtout aux sociétés noires d'Amérique qui vivent aux marges de la société blanche et aux Antilles, mais aussi à quelques communautés d'Afrique occidentale.
Schématiquement, on trouve une femme au centre d'un système relationnel entre d'une part les enfants et d'autre part, mari, amants, oncles, tantes, grands-parents, etc... A sa disparition, une soeur ou une fille la remplace. Dans ce système, c'est toujours l'homme qui détient l'autorité, parfois violemment, et ce système ne peut être comparé à ce que nous appelons (encore une fois, par défaut) matriarcat, malgré une plus grande liberté sexuelle (qui favorise surtout l'homme).

Un film documentaire présente l'une des dernières sociétés matriarcales existantes, celle des Moso (ou Mosuo - Chine du Sud-Ouest) :
Un monde sans père ni mari, de E.Blavier et T.Lavachery, Belgique, 2000.
Les Moso présente une organisation sociale radicalement matriarcale : les femmes s'occupent exclusivement de toutes les tâches, dans une organisation égalitaire. Les hommes ont quasiment pour unique activité de s'introduire, la nuit tombée, dans les chambres des femmes (en passant par la fenêtre !), pour leur faire l'amour.
A travers l'école et la télévision, les autorités chinoises sont progressivement en train de saper cette organisation sociale unique.
En savoir plus : lire le chapitre consacré au Mosuo (chap. 6.3), parmi une compilation de textes sur les sociétés matriarcales (fichier rtf) téléchargeable depuis le site gynarchy.

L'ethnographe Malinowski a décrit la société matrilinéaire (matriarcale ?) des îles Trobriand (Mélanésie). Voir la fiche de lecture de son livre La vie sexuelle des sauvages.

Evelyn Reed a étudié le matriarcat. Voir une présentation de son oeuvre sur le site Lilith.

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Mouvement Pour un Parti Matriarcal (MP1PM) - mp1pm.ouvaton.org - Dernière mise à jour le 18 juil. 2007